« Le système de production capitaliste est une démocratie économique dans laquelle chaque sou donne un droit de vote. Les consommateurs constituent le peuple souverain » affirmait Ludwig von Mises, économiste libéral autrichien qui a fuit le nazisme pendant la guerre. Or aujourd’hui la question de l’Islam est toujours bassement politisée et les politiques s’en servent pour susciter la peur en l’assimilant aux violences des banlieux. Le débat vide sur la Burqua n’a convaincu personne. Il a eu au contraire pour effet de contribuer a stigmatiser l’Islam et à infantiliser l’ensemble les citoyens issus de l’immigration en faisant référence au colonialisme.
L’Islam de France est devenu pourtant un enjeux purement économique de premier plan . L’ensemble des musulmans français pratiquent un islam moderne et disposent d’un pouvoir d’achat important. Cette population souhaite avant tout consommer et faire partie de l’économie libérale. Depuis des décennies, la question des musulmans de France a été traité uniquement du point de vue de la question sociale et religieuse. Or aujourd’hui les musulmans de France veulent avant tout s’insérer dans le jeu de l’économie mondiale dont la France est partie prenante. Ignorer ce fait, c’est ignorer que le monde a changé et que le temps des colonies n’est plus. Il faut donc voir avant tout dans la communauté musulmane, un marché attractif et qui possède un fort potentiel pour attirer les investisseurs internationaux. Les banques islamiques feront prochainement leurs apparitions et il est évident que la communauté musulmane se tournera vers ces produits financiers. Les banques islamiques existent déjà en Grande Bretagne et proposent des produits dans une logique purement libérale. Stigmatiser les musulmans est une donc erreur fondamentale. On se souvient que le maire de Roubaix avait porté plainte contre une décision purement économique de la part du restaurant Quick qui avait le choix de vendre que des produits Halal. La liberté du commerce avait été oublié au profit d’une crispation identitaire. Cedomir Nestorovic, professeur ESSEC, auteur de « Marketing en environnement islamique » explique très bien comment les musulmans sont devenu avant tout des consommateurs avec des exigences identiques à celle des amateurs de vin ou de produits bio. Dans son ouvrage, il souligne que le marché du halal est en train d’exploser pour atteindre le chiffre de 615 milliards de dollars par an et la guerre des agences de certifications halal prouve que le marché est en croissance.
Le débat actuel sur la burqua s’inscrit dans cette tendance du halal way of life où un nombre grandissant de femmes portent ce vêtement qui couvre la totalité du corps. Les musulmanes sont par ailleurs une cible de choix pour les entreprises car les femmes sont généralement prescriptrices pour les produits ayant trait à la consommation familiale (nourriture, appareils ménagers, vêtements…) ou bien pour leur consommation propre (voire l’article de Julie Schneider sur la mode musulmane). Les femmes sont de grandes consommatrices de maquillage, de parfums et de vêtements, y compris la lingerie fine. Cedomir Nestorovic explique qu’il observe même « des phénomènes de « christianisation du Ramadan » qui permet aux entreprises occidentales ou chinoises de vendre des produits habituellement proposés à Noël dans les pays catholiques comme des jouets pour enfants ou des décorations pour la maison. Le mimétisme joue ici à plein, et les consommateurs musulmans, notamment les enfants, sont désireux de vivre une expérience similaire à leurs homologues dans les pays occidentaux. » Et il a tout à fait raison de souligner que les entreprises doivent mettre de côté une interprétation stricte de l’islam, car la diversité des comportements des population musulmane va de pair avec la diversité d’acteurs sur le marché.
La société française et ses élites ne peuvent plus se permettre d’enfermer dans des banlieues sordides une population d’origine immigrée en l’accusant de pratiquer un islam réactionnaire. Ce discours ne tient plus face à l’exemple que donne le formidable développement économique et de modernité que connaissent les arabes et notamment la péninsule arabique. Quand Dubaï construit la tour la plus haute du monde Burj Khalifa, construit le plus grand aéroport, lance Masdar City, accueil de prestigieuses universités et musées, la société française rejette l’idée d’un islam moderne tourné vers l’économie libérale et préfère se conforter dans la nostalgie rassurante du bon vieux temps des colonies.
La rédaction



La péninsule pétrolifère ou l’arrière cour chiite